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RESSOURCE GRATUITE · FAQ

20 questions sur le Cyber Resilience Act — réponses claires

Les vraies questions que se posent les fabricants sur le CRA — périmètre, obligations, calendrier, technique et sanctions. Avec une recherche et des filtres par thème.

20 questions 5 catégories Recherche instantanée Mis à jour 2025
20 questions
Périmètre
Mon produit est-il concerné par le CRA ? Périmètre

Votre produit est concerné s'il comporte des éléments numériques — du code logiciel, embarqué ou téléchargeable — et s'il peut se connecter directement ou indirectement à un autre appareil ou à un réseau.

Concrètement : routeurs, caméras connectées, logiciels industriels, applications embarquées, équipements médicaux connectés, passerelles IoT, systèmes de contrôle industriel. La liste est large et intentionnellement large.

Exception notable : les logiciels développés exclusivement pour un usage interne non commercial et les logiciels open source publiés sans intention commerciale sont exclus du champ du CRA.
Quelle est la différence entre classe par défaut, classe I et classe II ? Périmètre

Le CRA classe les produits en trois catégories selon leur niveau de risque :

  • Classe par défaut — la grande majorité des produits. Autocertification possible par le fabricant.
  • Classe I — produits à risque élevé : navigateurs, gestionnaires de mots de passe, VPN, produits industriels de supervision. Audit par un organisme notifié requis.
  • Classe II — produits critiques : hyperviseurs, pare-feux industriels, PKI, microprocesseurs. Exigences et contrôles renforcés.
En cas de doute : appliquez les exigences de la classe par défaut et documentez votre raisonnement. Pour la Classe I ou II, consultez l'ANSSI ou un juriste spécialisé.
Le CRA s'applique-t-il aux logiciels SaaS et services cloud ? Périmètre

Le CRA cible les produits mis sur le marché. Les services cloud purs (SaaS sans composant installé chez le client) ne sont pas directement couverts par le CRA, mais par NIS 2.

En revanche, si votre SaaS inclut un composant logiciel installé sur un appareil client (agent, connecteur, SDK intégré), ce composant entre dans le champ du CRA.

Je suis importateur ou distributeur, pas fabricant — suis-je concerné ? Périmètre

Oui. Le CRA impose des obligations spécifiques aux importateurs et distributeurs, différentes de celles des fabricants mais réelles.

  • Importateurs : vérifier que le fabricant a effectué les procédures d'évaluation de conformité, que la documentation est disponible et que le marquage CE est apposé.
  • Distributeurs : vérifier le marquage CE et la présence de la documentation de conformité avant mise sur le marché.

Si vous modifiez substantiellement un produit, vous êtes considéré comme fabricant et assumez toutes les obligations correspondantes.

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Obligations
Le SBOM est-il vraiment obligatoire ? En quel format ? Obligations

Oui. Le CRA (article 13) impose aux fabricants de maintenir un inventaire de leurs composants logiciels. En pratique, cela correspond à ce qu'on appelle un SBOM (Software Bill of Materials).

Le CRA ne prescrit pas de format spécifique, mais les formats CycloneDX (recommandé par la Commission européenne) et SPDX (ISO 5962:2021) sont les standards de facto.

Pourquoi c'est la base : sans SBOM, vous ne pouvez pas identifier en 24h quels produits sont affectés par une CVE, ni remplir vos obligations de notification à l'ENISA.
Quelle durée de support sécurité dois-je garantir ? Obligations

Le CRA impose une durée de support proportionnelle à la durée d'utilisation attendue du produit. Il n'y a pas de durée minimale fixe dans le texte — c'est une appréciation au cas par cas selon le secteur et le cycle de vie.

L'obligation principale : communiquer cette durée à l'acheteur avant la vente, et à l'échéance, informer les utilisateurs en avance suffisante pour qu'ils puissent migrer.

Règle de bon sens : un produit industriel prévu pour 10 ans devra avoir un support sécurité proportionnel. Un logiciel grand public avec des cycles courts aura plus de flexibilité.
Dois-je informer mes clients de chaque CVE affectant mon produit ? Obligations

Vous devez informer vos utilisateurs des vulnérabilités qui les concernent et des correctifs disponibles. Le standard VEX (Vulnerability Exploitability eXchange) permet de communiquer si une CVE est exploitable dans votre produit — sans divulguer votre architecture interne.

Le VEX peut indiquer quatre statuts : non affecté, affecté, corrigé, en cours d'investigation. C'est le moyen standard de répondre aux questions de vos clients sur l'impact d'une CVE publiée.

Quels documents dois-je produire et conserver ? Obligations

Le CRA impose de constituer et maintenir une documentation technique complète pour chaque produit :

  • Analyse de risque de cybersécurité
  • SBOM à jour
  • Description de l'architecture et de la conception sécurisée
  • Résultats des tests de sécurité
  • Déclaration de conformité UE
  • Politique de gestion des vulnérabilités

Cette documentation doit être conservée pendant 10 ans après la mise sur le marché et mise à disposition des autorités sur demande.

Suis-je responsable des composants open source et tiers que j'intègre ? Obligations

Oui. Le CRA tient le fabricant responsable de la sécurité de son produit dans son intégralité — y compris les composants tiers et open source qu'il intègre. C'est le principe de la responsabilité sur la chaîne d'approvisionnement logicielle.

Vous devez auditer vos dépendances, surveiller les CVE qui les affectent, et corriger ou compenser les vulnérabilités identifiées — même si la faille provient d'une bibliothèque externe que vous n'avez pas développée.

Calendrier
Quelles sont les dates clés à retenir ? Calendrier
  • Décembre 2024 — Entrée en vigueur du CRA. Le compte à rebours commence.
  • Septembre 2026 — Première échéance concrète : obligations de notification d'incidents à l'ENISA applicables.
  • Décembre 2027 — Application complète. Tous les produits mis sur le marché doivent être conformes.
À retenir : une mise en conformité sérieuse demande 12 à 24 mois. Les organisations qui commencent maintenant seront à l'heure. Celles qui attendent 2026 prendront des risques.
Mes produits déjà sur le marché sont-ils concernés avant 2027 ? Calendrier

Les produits déjà sur le marché avant décembre 2027 bénéficient d'une période de transition — à condition qu'ils ne subissent pas de modification substantielle avant cette date.

Mais dès septembre 2026, les obligations de notification d'incidents s'appliquent à tous les produits, y compris ceux déjà sur le marché. La période de transition ne couvre pas les obligations de notification.

Ne comptez pas sur cette tolérance pour retarder votre mise en conformité. La définition de "modification substantielle" est large et sera interprétée strictement par les autorités.
Combien de temps faut-il pour se mettre en conformité ? Calendrier

Entre 12 et 24 mois selon la maturité de départ, le nombre de produits concernés et la taille des équipes disponibles. Les organisations partant de zéro avec plusieurs produits complexes ont besoin du délai maximal.

Les étapes les plus longues : produire un SBOM complet (surtout pour les produits legacy), mettre en place un processus PSIRT opérationnel, et former les équipes R&D au Security by Design.

Technique
Comment produire un SBOM concrètement ? Technique

Il existe deux approches : manuelle (inventaire à la main, long et sujet aux erreurs) et automatisée (génération depuis le pipeline CI/CD, recommandée).

Les outils open source comme Syft, CycloneDX CLI ou SPDX tools permettent de générer automatiquement un SBOM à partir du code source ou d'une image conteneur.

L'objectif : un SBOM qui se met à jour automatiquement à chaque build, pas un document statique mis à jour manuellement deux fois par an.
Comment surveiller les CVE qui affectent mes composants ? Technique

La surveillance manuelle est insuffisante pour respecter les délais de 24h imposés par le CRA. Il faut une corrélation automatisée entre votre SBOM et les bases de vulnérabilités.

Le flux standard : SBOM → corrélation CVE (NVD, OSV, VulnDB) → alerte si composant affecté → évaluation CVSS → décision correctif ou VEX.

VAST automatise cette corrélation — alerte dès qu'une nouvelle CVE affecte un de vos composants, avec génération automatique de VEX et traçabilité complète.

Comment mettre en place un processus PSIRT sans grande équipe ? Technique

Un PSIRT n'est pas forcément une équipe dédiée — pour les PME, c'est souvent un processus documenté avec des rôles assignés à des personnes existantes. L'essentiel : une adresse de signalement publique, un processus d'évaluation de criticité, des délais de traitement définis, et une procédure de notification.

  • Désigner un responsable de réception des signalements
  • Définir des SLA internes : 24h pour l'évaluation initiale, X jours pour le correctif selon criticité
  • Documenter le processus et le tester au moins une fois par an
ISO 27001 ou SOC 2 me dispense-t-il des obligations CRA ? Technique

Non. ISO 27001 et SOC 2 couvrent la sécurité de votre organisation et de vos systèmes d'information — pas la sécurité de vos produits mis sur le marché. Ce sont des référentiels complémentaires, pas substituables.

Le CRA porte spécifiquement sur les produits que vous vendez. Une organisation certifiée ISO 27001 doit quand même mettre en place un SBOM, un processus de gestion des CVE produit et une déclaration de conformité.

Sanctions
Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ? Sanctions

Le CRA prévoit trois niveaux d'amendes selon la gravité :

  • 15 M€ ou 2,5 % du CA mondial — violations des exigences essentielles de sécurité
  • 10 M€ ou 2 % du CA mondial — autres violations des obligations du fabricant
  • 5 M€ ou 1 % du CA mondial — fourniture d'informations incorrectes aux autorités

En plus des amendes : retrait du produit du marché européen ou interdiction de commercialisation jusqu'à mise en conformité.

Qui contrôle l'application du CRA en France ? Sanctions

Chaque État membre désigne une ou plusieurs autorités de surveillance de marché. En France, l'ANSSI est pressentie comme autorité principale, en coordination avec d'autres organismes selon les secteurs.

Au niveau européen, l'ENISA coordonne la coopération entre autorités nationales et reçoit les notifications d'incidents.

Les PME ont-elles des exemptions ou allégements ? Sanctions

Le CRA prévoit quelques mesures de soutien pour les PME — accès facilité aux ressources d'accompagnement et aux bacs à sable réglementaires — mais pas d'exemption sur les obligations fondamentales.

Une PME qui fabrique un produit connecté a les mêmes obligations qu'une grande entreprise sur les exigences essentielles : SBOM, gestion des CVE, notification d'incidents. Les délais et le niveau d'exigence de documentation peuvent être proportionnés à la taille, mais les obligations de base s'appliquent.

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